rencontre parisienne

Nous ne sommes que de simples passants

Je ne sais pas comment tu vas, mais j'ai toujours été fasciné de regarder les gens autour de moi. Voir leurs yeux, essayer de ressentir leurs émotions, s'émerveiller de voir à quel point nous sommes différents et beaux.
Je l'ai vu en sortant d'une pâtisserie. Visage ridé de rides profondes, mains tremblantes et yeux tombés qui me racontent une triste histoire. Il a une chaudière pleine de bourgeons de pivoine à vendre. Je suis allé vers lui, lui ai caressé la tête loin de sa vieillesse et laissé tout ce que j'ai trouvé dans mes poches. Pour moi un peu, pour lui beaucoup. Mais ce qui comptait le plus pour lui, c'était le toucher, le moment où quelqu'un s'en souciait... 
On se croise jour après jour, on respire le même air, parfois on vit dans le même quartier ou dans le même immeuble, et en fait on est comme de planètes différentes. Chacun a sa propre trajectoire à travers sa propre vie et sa propre mort. 
Et je me suis rendu compte aujourd'hui que malgré ce qu'ils affichent, les gens cachent beaucoup de douleur en eux. Oui, les âmes qui passent à côté de nous sont souvent plus pressées de vivre que nous ne pourrions l'imaginer. Et, bien que les gens fassent semblant d'être heureux, si vous les regardez attentivement, vous pouvez voir sur leurs visages comment ils meurent jour après jour, avec une pensée, avec une peur, avec un renoncement, avec un doute... 
Au-delà de ce que nous montrons au monde, au-delà de ce que nous disons ou de notre apparence, nous sommes tous des êtres humains, nous avons chacun un monde plein de bric-à-brac, de chaos, d'amour et d'expérience... et peu importe à quel point nous croyons, nous se voir plus qu'on ne le voudrait. 
Parfois, je m'assieds dans le métro ou à un arrêt de bus, et je regarde ceux qui passent négligemment près de moi, et il n'est pas arrivé une seule fois de prendre une femme belle et triste, ou une vieille femme dans mes bras. de la vieillesse et de la vie, ou un homme comme une montagne avec la tête courbée et le dos fortement courbé. 
Aujourd'hui, j'ai tenu une âme dans mes bras, comme je l'ai compris. Peut-être que pour lui, c'est la seule touche avant longtemps. Peut-être que je lui ai donné un moment de joie, ou d'espoir. Peut-être que j'ai rendu son monde un peu meilleur. 
Quoi qu'il en soit, cela vaut la peine d'essayer parfois de réconforter une âme au passage!